Avez-vous vu « femboy » partout et vous ne savez pas exactement ce que cela décrit ? Vous n’êtes pas seul. Le terme s’est popularisé très rapidement sur Internet et, comme c’est souvent le cas avec les concepts de genre en ligne, il est chargé de nuances. Dans ce guide, je vous explique de façon claire et sans détour ce que signifie être femboy, d’où vient le mot, comment il est utilisé aujourd’hui sur les réseaux et quels termes sont souvent confondus, afin que vous puissiez en parler avec respect et assurance.

Que signifie « femboy » aujourd’hui

« Femboy » combine « femme » (féminin) et « boy » (garçon) et s’utilise pour désigner des hommes jeunes qui s’expriment de façon féminine. C’est, avant tout, une esthétique et une manière de se présenter au monde ; cela ne définit pas à lui seul l’orientation sexuelle ni l’identité de genre. Ainsi, vous pouvez trouver des femboys hétérosexuels, gays, trans ou non binaires.

À quoi cela ressemble-t-il au quotidien ? Cela se manifeste souvent dans les vêtements (jupes, robes, chaussettes hautes), dans les accessoires (maquillage, vernis à ongles, bijoux) et dans certains gestes ou manières de s’exprimer (montrer ses émotions librement, coiffures longues ou jouer avec les cheveux). Certaines personnes écrivent « femboi », une graphie qui se rattache à l’usage historique de « boi » dans des contextes queer.

Un point clé : tout le monde ne reçoit pas ce terme de la même façon. Pour certaines personnes, « femboy » peut être perçu comme offensant ou être confondu avec des catégories qu’il ne décrit pas, comme « femme trans ». Ce ne sont pas des équivalents. De plus, dans certains espaces, on souligne que le terme croise des problèmes de transmisogynie (hostilité spécifique envers les femmes trans), précisément à cause des malentendus qu’il génère. Le contexte et le respect sont donc très importants.

De l’insulte à une esthétique avec communauté

Le parcours du mot n’a pas été linéaire. À l’origine, « femboy » était utilisé de façon péjorative pour attaquer des hommes efféminés, de la même manière que « sissy ». Avec le temps, Internet a ouvert des espaces où ces formes d’expression ont pu être nommées et partagées sans honte. Au début des années 2000, par exemple, sont apparus des groupes en ligne pour parler de glamour, d’androgynie et d’expériences de genre ; et, dès 2012, un subreddit dédié aux garçons féminins est né et reste actif à ce jour.

En parallèle, ont pris de l’ampleur les soi-disant « masculinités hybrides » : manières d’être homme qui intègrent des éléments perçus comme féminins ou associés à des groupes marginalisés. Beaucoup de garçons sentent que la masculinité traditionnelle ne reflète pas qui ils sont, et trouvent dans ces esthétiques une voie d’expression. Cela dit, tout le monde n’a pas le même espace d’exploration ; les personnes appartenant à des minorités raciales, aux classes ouvrières ou issues de migrations sont souvent davantage surveillées et peuvent conserver des styles plus conventionnels par sécurité ou par stigmatisation sociale.

femboy

Les femboys sur les réseaux et dans la culture pop

Les plateformes ont été un accélérateur. Sur TikTok, par exemple, il est courant de voir, parmi les hommes les plus suivis, du maquillage, des ongles vernis ou des bijoux. Plus que de la « militance » explicite, beaucoup de créateurs monétisent une esthétique qui favorise la visibilité sur une application très centrée sur l’image.

On a aussi vu apparaître des phénomènes concrets :

  • #FemboyFriday : depuis 2014, chaque vendredi on partage des photos et des vidéos avec des tenues comme des chaussettes hautes, des jupes ou des costumes de maid.
  • « Femboy Hooters » : un tweet de 2019 a imaginé un restaurant servi par des femboys et a déclenché des mèmes, sketches et vidéos virales.

L’esthétique est très présente dans l’anime et dans les communautés furry. Des personnages comme Nagisa (Assassination Classroom), Najimi (Komi Can’t Communicate), Kuranosuke (Princess Jellyfish), Hime (Himegoto) ou Angel Dust (Hazbin Hotel) sont des exemples souvent cités dans les discussions en ligne.

Un autre aspect important est la sexualisation. La création, en 2013, d’une catégorie pornographique portant cette étiquette a poussé le terme dans le grand public et renforcé des regards fétichisants. Parfois, pour celles et ceux qui ont des visions rigides du genre, il est plus facile de ranger l’esthétique dans la case « préférence sexuelle » que de la reconnaître comme une forme valide de masculinité.

Termes associés et confusions fréquentes

  • Femboy ≠ femme trans : ils ne sont pas synonymes. Certaines personnes confondent les deux concepts, ce qui nourrit des malentendus et de la discrimination. « Ladyboy », très utilisé en Thaïlande pour désigner des femmes trans, n’est pas non plus équivalent à femboy.
  • « Femboi » et le rôle de « boi » : la variante avec un « i » se relie aux usages queer de « boi » pour les jeunes efféminés, les personnes transmasculines ou non binaires, et les tomboys. Pour certain·e·s, cette orthographe marque une identité plus explicitement queer.
  • « Sissy » : insulté historiquement adressé aux garçons efféminés, il est aujourd’hui également chargé de connotations sexuelles et présent comme catégorie pornographique. Il vaut mieux l’éviter s’il n’y a pas de confiance ni d’accord.
  • « Trap » : terme offensant dans les communautés trans car il suggère de « piéger » les autres. Même s’il apparaît comme archétype dans l’anime/manga, son origine et son usage sont traversés par la transphobie. Mieux vaut ne pas l’employer.
  • « Roseboy » : alternative que certain·e·s utilisent pour éviter « femboy », mais avec des associations sexuelles d’origine que beaucoup jugent problématiques.

Sur le plan culturel, il existe aussi des étiquettes erronées dans des contextes de protestation ou d’activisme. Au Myanmar, par exemple, ont circulé des photos de manifestant·e·s LGBTQ (y compris des drag queens) que l’on a appelé « femboys » depuis l’extérieur du pays de façon imprécise. Là-bas, les hommes gays qui s’habillent de façon plus féminine sont plus visibles qu’en Occident, ce qui facilite les confusions, mais l’enjeu de ces mobilisations était la défense des droits queer, pas l’esthétique femboy en soi.

Comment parler du sujet avec respect

Si vous voulez vous référer à quelqu’un ou écrire sur le sujet, la clé est de privilégier la dignité et le contexte. Ces recommandations aident :

  • Demandez et respectez l’auto-identification : demandez comment une personne préfère se présenter avant de la labelliser.
  • Évitez les termes chargés d’insultes ou de fétichisation : « trap » et « sissy » (sauf usage consensuel) ne sont pas des options neutres.
  • Ne présumez pas de l’orientation ou de l’identité : être femboy ne détermine pas si quelqu’un est gay, hétéro, trans ou non binaire.
  • Prenez en compte le contexte culturel : des mots comme « ladyboy » s’emploient dans des pays précis pour désigner des femmes trans ; ne les mélangez pas avec femboy.
  • Ne sexualisez pas par défaut : le fait qu’une esthétique soit présente dans le porno ne la réduit pas à l’aspect sexuel. Parlez de personnes, pas de catégories.
  • Tenez compte du public : certain·e·s considèrent « femboy » comme offensant ; dans des contextes sensibles, optez pour des descriptions neutres (« homme avec une expression de genre féminine »).

En résumé, « femboy » désigne une manière d’expression masculine qui incorpore des éléments traditionnels du féminin. Comme toute étiquette, elle peut être source d’empowerment lorsqu’elle est utilisée avec soin et consentement, et peut blesser si elle est imposée ou mêlée à des préjugés. Si vous avez un doute, écoutez d’abord : ce sont les personnes elles-mêmes qui peuvent le mieux dire qui elles sont.

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Clara Vidal
Clara Vidal

J’ai étudié la psychologie car j’ai toujours été fascinée par la façon dont nous nous connectons les uns aux autres. Je crois que les relations, qu’elles soient amicales, amoureuses ou numériques, marquent notre vie bien plus que nous ne l’imaginons. Sur ActualHow, j’écris dans un langage simple et accessible afin que chacun puisse trouver des conseils utiles pour mieux communiquer, surmonter ses insécurités et construire des liens plus sains et authentiques.